jeudi 8 avril 2010

Joyeuses Pâques dans le GuanXi





















Les bonnes âmes que vous êtes, surtout en cette période de l'année, passeront sur la date du dernier écrit de votre servante et , sans questionner davantage, se réjouiront de voir souffler à nouveau le vent d'est en direction de l'ouest.








Il me fallait trouver une destination attractive et reposante, non pour moi mais pour mon maestro (j'en vois qui ricanent...) abusivement sollicité par les rudes contraintes de son métier mais en congé forcé pendant 5 jours; en voici la raison locale, car il ne s'agit pas, vous vous en doutez, de fêter la Pâque catholique mais bien plutôt de Ching Ming ou l'hommage rendu aux disparus d'une famille; Hong Kong la bruissante, avait donné un jour supplémentaire! Inespéré.








Je choisis donc Guilin et Yangshuo dans le Guanxi, province connue pour ses minorités nombreuses mais par dessus tout pour ses innombrables montagnes en pain de sucre que les peintres chinois ont couché sur le papier ou la toile à l'infini.








Avantage supplémentaire, il s'agissait d'un voyage de moins de deux heures que nous fîmes le jeudi soir pour être à pied d'oeuvre le vendredi. Par confort et efficacité, nous avions pris une guide, celle ci portait le doux nom de Lan, orchidée pour les amateurs!








Au matin, nous sommes partis vers LongSheng; à une heure de Guilin, les rizières en terrasse du dos du dragon offrent un spectacle magnifique dans lequel la palette des verts prend toutes ses libertés; génie de l'homme qui grapille à la montagne quelques rubans de terre pour y faire pousser ce qu'il veut! à vrai dire c'était plutôt la saison du colza en fleur qui précède le repiquage du riz après la mise en eau; des rizières dans la montagne (environ 8OOm)? eh bien oui, grâce à la présence de sources nombreuses; en passant au dessus des terres cultivées, nous avons bien vu le dos du dragon rayé de jaune et vert en attendant mieux, les maisons du village aux grands toits noirs serrées les unes contre les autres avec leurs balcons de bois ornés de lampions; vraiment très joli tandis que les sollicitations pour touristes s'échelonnent sur tout le parcours...








Nous avons pu voir également la préparation de la fête de ChingMing qui encourage le nettoyage et la décoration des tombes; des papiers rouges, des fleurs, des rubans attirent l'oeil du marcheur car les tombes se trouvent regroupées par quatre ou cinq dans la montagne. Les femmes Iao aux immenses cheveux et coiffes séduisantes proposent toutes sortes de souvenirs...








Nous déjeunons dans une resto qui ressemble à un chalet suisse, la vue et superbe mais il ne fait pas bien chaud sur le balcon (for the view)!








Nous repartons vers Guilin et notre guide nous incite à continuer la visite à peine rentrés car la lumière, presque du soleil, de fin de journée nous est favorable; nous parcourons un bout de parc sans intérêt pour nous rapprocher du fleuve Li: d'un côté une haute falaise percée fait figure d'un pachiderme assoiffé qui plonge sa trompe dans le fleuve; de l'autre, des pêcheurs aux cormorans installés sur ces radeaux particuliers, composés de cinq ou six très gros bambous liés entre eux (et c'est tout!): l'animal plonge, revient avec un poisson mais comme il a un anneau autour du cou, il ne peut avaler sa proie..... cruel génie humain....








La nuit tombée, nous repartons flaner avec Charles autour du lac, violemment illuminé de vert et de jaune; au milieu, une pagode elle aussi illuminée fait un sujet de rêve pour le photographe à cause de son reflet! Un orchestre d'instruments chinois joue en plein air guidé par un chef qui ne supporte pas la médiocrité, il est si drôle à observer! Au hasard, nous trouvons un restaurant chinois de très bonne qualité et si bon marché que nous songeons à une erreur; en rentrant, nous passons un moment dans une échoppe de thé, observons le cérémonial, goûtons et bien entendu, achetons!








Le lendemain, nous partons pour Yangshuo (j'entends certains de mes neveux glousser de plaisir en se souvenant...); en principe, nous devions faire toute la distance en bateau mais la sécheresse importante (mais pas aussi dramatique que dans le Yunnan juste à côté) ne permet pas aux bateaux de passer dans des eaux si basses, alors nous ne ferons qu'un aller et retour, c'est bien suffisant pour admirer les lignes des collines rendues plus mystérieuses encore par les écharpes de brumes qui les entourent; bien sûr que ce n'est pas de veine qu'il se soit mis à pleuvoir depuis quelques jours mais le spectacle est magnifique! Je passe sous silence le déjeuner indigne qui nous fut servi sur le bateau.








Nous arriverons à Yangshuo dans l'après midi; petite ville aux collines embrumées elles aussi, ambiance de routards (on y parle toutes les langues), départ de nombreuses balades (surtout quand il fait beau...), public plutôt jeune mais pas seulement, les vélos qui circulent partout sont chevauchés par tous les âges; la rue de l'ouest piétonne est un spectacle à elle seule: boutiques, restos, étalages, rabatteurs pour tout et n'importe quoi, musique tonitruante, on ne s'en lasse pas! Nous nous laissons faire par des objets de la minorité Miao, faux argent et broderies multicolores, marchandage un peu en chinois et théâtre de la vie!! c'est drôle et nous en faisons grand cas!








Le lendemain, nous ferons l'ascension de la colline de la lune (YuèLiàng Shàn), massif calcaire percé en forme de lune; 1251 marches qui nous offrent un joli paysage embrumé à défaut du point de vue féérique selon le Lonely Planet. En bas, un parc posède un Banian qui aurait 1500 ans; pas bête, l'arbre au fur et à mesure de sa croissance, lance des racines aériennes qui une fois en contact avec le sol, le soutiennent de façon permanente! l'après midi, nous irons dans la campagne chinoise, vrai contact avec la réalité de la pauvreté paysanne, nature si proche de notre campagne sauf les ruminants qui sont des buffles d'eau (cornes vers l'arrière), bovidés noirs aussi placides que nos belles normandes. ce que nous voyons au marché n'est pas racontable pour les yeux tendres que vous êtes.








le lundi, nous revenons vers Guilin et visitons cette grotte extraordinaire dont vous avez déjà vu une photo bleutée dans un de mes mails, la grotte de la flûte de roseau; immense enchevêtrement de stalagtites et stalagmites, bourgeonnements et crevasses, colonnes ou étendues d'eau admirablement éclairées, un ravissement por les yeux et Charles s'en donne à coeur joie pour les photos.L'intérieur est étonnemment sec, peu de suintement et la température est très agréable (dehors il pleuvinne.......)








Toutes les bonnes choses ont une fin, nous rentrons à Hong Kong et profiterons d'une dernier jour de repos à la maison. A la prochaine! baisers