Shanghai la bouillonnante.
Je sais, je sais, vous avez le sentiment d'avoir été abandonnés, eh bien que nenni, me voilà!
Il y a donc trois semaines, je suis allée retrouver (façon de parler) mon cher et tendre à Shanghai, occupé qu'il était à recevoir les grands de ce monde économique impitoyable, de l'aube jusqu'à la nuit bien noire et même davantage! Oh bien sûr, j'avais été prévenue, "ne compte pas sur moi", "je ne te verrai pas", "non, non, je ne dîne pas avec toi" et "en plus je serai de mauvais poil" rapport à cet agenda délirant concocté par quelque scribouillard parisien du fond de sa cabine/bureau asceptisée. Comme je ne suis pas complètement sotte, je me suis organisée pour aborder Shanghai le mieux possible.
Primo, Shanghai voulant dire "au-dessus de la mer", l'affaire aurait pu se présenter sous un aspect délicat, mais comme il s'agit de 4 mètres pas plus, c'était faisable et ce fut fait!
Segondo, trouver un chevalier servant, fort à propos délivré temporairement de charge dans ce monde économique impitoyable déjà mentionné ci-dessus, succès sur toute la ligne; pour des besoins d'anonymat, nous l'appellerons Mr O. faisant ainsi ressurgir des souvenirs émouvants du Cambodge partagés avec sa propre maman, Mrs C! Les experts auront tout compris.
Première étape, rejoindre l'hôtel fréquenté par Charles qui se trouve à 4Okm de la ville; grâce au guide, je vais expérimenter le "MagLev", le train hyper rapide qui parcours 30 km en 7minutes, vous avez bien lu! Maglev, cela veut dire "magnetic levitation", mais non voyons, ce n'est pas moi qui fais de la magnetic levitation, c'est le train! J'ai d'abord cru qu'il s'agissait du système d'aérotrain sur lequel notre cher beau-frère Daniel avait débuté sa carrière, mais non, me dit Charles, le train n'est pas posé sur un coussin d'air mais sur des ondes magnétiques! En tout cas, il file, je peux en attester! en 3 minutes il atteint la vitesse croisière de 3OOkm/h ce qui est drôlement efficace dans cette contrée plate comme une galette car les terres sont des marécages tout simplement, à perte de vue! Légèrement secoués nous pouvons apercevoir des canaux qui bordent des habitations, quelques barques, un peu de vie, très peu d'arbres et petit à petit la zone urbaine se construit, s'étoffe, monte vers le ciel et l'on a rejoint la gare terminus..bizarre de s'arrêter dans ce nulle-part.... sauf que c'est la partie entre la ville et la mer qui va se développer au rythme que savent appliquer les Chinois, en particulier en vue de l'Expo universelle qui ouvre en mai 2010, oui oui, demain! ce sera fait. Je suis ravie d'avoir fait cette expérience, d'avoir su demander mon ticket (50 kuais soit 5 euros environ...) et d'obtenir le tarif réduit parce que je sais montrer mon billet d'avion.. oui mais je le fais en mandarin, ce n'est pas rien! ok, j'ai répété avec ma prof' mais quand même... Ensuite il faut indiquer au chauffeur de taxi qui ne parle pas un mot d'anglais...Bref, j'arrive à l'hôtel, je m'installe rapidement et téléphone à mon "correspondant" qui vient gentiment me chercher et en avant l'aventure!
Le quartier de Pudong (Est de Huang Pu river) est le plus typique des quartiers en évolution, et quelle évolution; chaque immeuble chatouille davantage le ciel, toujours plus haut, toujours plus spectaculaire en matière de ligne architecturale, des couleurs osées, des grues immenses qui pointent vers les nuages, des ouvriers (travaillant jour et nuit, évidemment dimanche compris), des palissades partout et une pollution.....
Avec Mr O., nous partons à pied vers le métro; système de transport très efficace qui passe sous le fleuve et nous amène à la place du peuple; de grandes artères, certaines sont piétonnes,, des arbres, de beaux immeubles en particulier le musée de l'urbanisme, le grand musée de Shanghai et l'opéra. Pour l'instant nous nous préoccupons de retrouver la moto de Mr.O. afin de rejoindre son quartier pour aller voir son appart qu'il partage en coloc' dans l'ancienne concession française, vestige du temps où les grandes puissances avaient bien compris que le bizeness se faisait aussi par ici. On se croirait dans un village du sud de la France; les rues pas très larges sont bordées de platanes, les maison ont un ou deux étages, des balcons...mais dans quel état.... quel dommage, tout est rouillé, pelé, cassé, délavé; il y règne pourtant une joyeuse atmosphère.
L'appart' est grand, très bien tenu, au 3ème étage, et j'y admire les photos qu'Olivier a prises en Australie ainsi que son grand aquarium.
Après un déjeuner rapide (il est quand même 3h de l'après midi avec tout cela) nous commençons notre virée. quand je dis virée, c'est bien de cela qu'il s'agit! Imaginez-nous tous les deux, casqués, à califourchon sur l'engin, prêts à conquérir le monde, pour le moins! C'est ce que nous allons faire in petto. Alors bien sûr, on peut ergoter sur l'interprétation du code de la route par mon chevalier... par peur de le faire lacher prise, je reste stoïque et accompagne les inclinaisons à droite, à gauche..lui ne voit pas mes yeux exorbités quand nous faisons face à une voiture, ma bouche grand ouverte quand nous empruntons un sens interdit, sans compter le noeud dans l'estomac quand nous ouvrons la troisième file sur la gauche, voire la quatrième!
Il connait la ville comme sa poche et me mène à un centre d'art contemporain installé sur une ancienne zone industrielle (similaire au 798 de Beijing), à une fabrique de cashmere où nous marchandons gentiment, pour finir, dans un quartier ancien composé de ruelles très étroites parfois couvertes où de nombreuses galeries (photos, déco, objets pseudo-anciens) attirent de nombreux touristes mais l'atmosphère y est très sympa; les lampions et autres dorures éclairent de façon traditionnelle les passages, quelques terrasses.. nous nous "posons" pour prendre un verre dans une petite cour; il fait nuit noire et le vin rouge argentin nous requinque. Pour finir la journée, Mr O. m'emmène sur son fringant destrier, heu heu, je m'égare, sur sa belle moto vers un de ses restaurants préférés, japonnais en l'occurence. Diner délicieux à base de poissons crus dont je raffole.
Finalement Charles réussi à échapper aux griffes de la mondialisation et nous retrouve vers 23h dans un bar récemment ouvert situé dans la concession française; cela veut dire une belle maison coloniale, bien retapée, qui donne sur un petit parc (entretien pour la municipalité....); évidemment, comme il fait très doux, nous prenons un vere de vin chilien et bavardons gentiment, Mr O. expliquant à Charles ce qu'il sait de la Chine et sa propre situation.Atmosphère de vacances, enfin, pas pour tout le monde!
Nous nous quittons et promettons de nous retrouver le lendemain matin.
Samedi matin : nous avons rendez-vous à 11h (les artistes ne se lèvent pas de bonne heure) à Moganshan, autre centre d'art moderne installé sur une zone industrielle au nord; nouvelle occasion de constater que la créativité est là, foisonnante et accueillie; c'est là que je vais craquer pour une encre sur papier de soie..... et à nouveau cavalcade en moto, le long du petit bras du fleuve en train d'être aménagé, pour nous diriger vers la vieille ville; le grand bazar dans les rues adjacentes, mais un bijou à voir et revoir, les jardins Yuyuan; au milieu du tumulte, du bizeness , petit commerce en tous genres et de la foultitude, ce havre de paix à l'architecture si remarquable, toitures aux pointes incurvées, personnages de l'histoire de la famille, animaux de bonnes augures, décors floraux, cours d'eau chantant.. pour parfaire le tout si cela était nécessaire, nous le visitons à la lumière d'un soleil finissant, une merveille. J'ai oublié de mentionner que j'ai changé de chevalier servant et que c'est au bras de Charles que nous visitons cette merveille; pas mal, non?
Hélas, il n'a que 2 heures de liberté et il faut déjà rentrer à cause de la distance à parcourir. A vrai dire, je suis aussi assez contente de me poser un peu. Sauf que je vais monter dans la Pearl Tower, celle que vous connaissez tous à cause de ses formes, en particulier les deux énormes boules roses, très très roses, posées sur un tripode; je vais monter jusqu'au deuxième étage (quelle arnaque!) pour apercevoir quelques secondes le soleil se coucher pour de vrai, dans une couche de pollution impressionnante, dessinant les contours des tours sur un ciel gris-orangé. Cela vaut la peine.
Dimanche : Charles a récré!!!!!! Il va courir le long du fleuve, puis nous nous offrons un balade en bateau pour pouvoir admirer la ville et ses deux berges; il fait très beau et nous prenons une centaine de photos; nous irons ensuite au musée de Shanghai qui abrite des trésors innombrables et très bien présentés; même si nous ne sommes pas encore très sensibles aux tours et contours à la chinoise, il faut admettre qu'ils possèdent art et technique depuis des millénaires. Pas le temps de voir le musée de l'urbanisme (très bel édifice moderne) nous partons rejoindre Mr O. à nouveau dans le premier centre d'art contemporain; visite en long et en large et nous prenons un pot dans un bistrot sur la place. Le vin chilien est encore à l'honneur.
Charles doit nous quitter, nous irons dîner dans un resto (le préféré d'Oliver)qui propose une cuisine du Yunnan, épicée mais exquise;le cadre est une très jolie maison traditionnelle et tout le personnel porte un costume très coloré de la région.
Nos chemins se séparent, à bientôt et merci! RV est pris pour une visite à Hong Kong.
Lundi: je retourne sur la place du peuple. je voudrais retourner au musée, un peu, visiter le musée de l'urbanisme (carramba, il est fermé le lundi!) je rentre dans l'Opéra (pas de visite le matin) et me rabats sur le musée d'art contemporain où je trouve d'immenses tableaux retraçant l'histoire récente de la Chine sur des étages et des étages; à la fin c'est un peu lassant et me retrouve dans la rue pour aller voir ce qui se passe dans les ruelles, juste derrière les belles façades... j'y trouve une Chine qui a raté une ou deux ou trois étapes du développement: petites échoppes sales, instruments antédéluviens, gargottes qui ne sentent pas très bon.. une seule scène attire mon egard: le réparateur de pneux crevés: il dort dans un coin, contre une palissade, et juste au bord du trottoir, il a posé une pompe (sur pied s'il vous plait!)et une toute petite bassine d'eau avec une éponge! c'est tout! j'imagine que les rustines et la colle sont dans sa poche.
dommage, pas de client à l'horizon.
Je marche encore et me dirige vers le Bund, bande d'immeubles art nouveau qui bordent le fleuve, promenade autrefois très prisée; reflet d'une période de grand prospérité, ils ont été laissés à l'abandon pendant longtemps et ne sont remis en état que maintenant (Expo 2010 oblige) ou repris par des banques qui ont su conserver ce cachet inestimable. J'ose pénéter quelques uns de ces nobles établissements, pas toujours bien reçue d'ailleurs, car il est clair que je ne fais pas partie du sérail. Je pense beaucoup à vous Cécile et André. Hélas, le bijou de l'hôtel de la Paix est en pleine réfection, impossible d'y admirer les verres de couleurs, les lustres et les rampes d'escalier sans compter les nombreux objets de décoration. Tant pis, je reviendrai.
Je marche encore et me dirige ver la rue Fuzhou lu qui regorge de boutiques qui vendent du matériel artistique, je ne suis pas déçue, juste l'embarras du choix!
Retour en métro, je suis morte de fatigue et me plonge dans un bain réparateur.
Dîner à l'hôtel où je me laisse aller à un délire de poissons crus accompagné d'un bon verre de vin. Tout va bien je suis enchantée de ma visite. Ces villes incarnent la modernité, la puissance d'une Chine en marche, c'est très impressionnant et séduisant.
Retour à Hong Kong demain, Charles part de son côté vers le nord, c'est beau la vie de couple moderne, non?!!!!!
PS : remerciements chaleureux à Mr O., sans qui, la découverte de Shanghai aurait pris une toute autre tournure.
mercredi 18 novembre 2009
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